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mercredi 18 avril 2007, 18h43
LAGOS (AFP) - L'opposition menace de boycotter les élections présidentielle et législatives de samedi au Nigeria si le scrutin régional du 14 avril n'est pas annulé, alors qu'au moins 25 militants islamistes ont été tués mercredi dans le nord du pays lors d'affrontements avec l'armée. "Nos troupes ont tué au moins 25 membres du groupe criminel qui terrorise Kano (nord). L'opération en vue de leur élimination est toujours en cours", a déclaré à l'AFP le colonel Ayo Olanyan, porte-parole de l'armée nigériane. La veille, douze policiers et un civil avaient été tués par des hommes armés dans l'attaque d'un poste de police de la banlieue de Kano. Mardi soir à Abuja, 18 partis d'opposition ont signé un texte posant plusieurs conditions à leur participation aux scrutins présidentiel et législatifs de samedi, qui doivent marquer la première transition de civil à civil depuis l'indépendance du pays en 1960. Ils réclament notamment "l'annulation totale du scrutin" du 14 avril, le démantèlement de l'actuelle commission électorale nationale (INEC), et le report du scrutin du 21 avril jusqu'à ce qu'un "processus électoral juste et transparent" soit garanti. "Si ces conditions ne sont pas remplies, les partis signataires envisageront de ne pas participer aux élections", indique le document final lu en présence de deux des principaux candidats d'opposition à la présidentielle, le vice-président Atiku Abubakar et le général Mohuammadu Buhari. Mercredi, le principal parti d'opposition, Action Congress (AC), a accusé le régime de préparer "la dictature du parti unique au profit d'un homme, le général Olusegun Obasanjo, et d'une petite clique autour de lui". "La crise qui secoue actuellement le pays est délibérée pour permettre à (Olusegun) Obasanjo de décréter l'état d'urgence pour continuer à diriger le pays", a déclaré à Abuja le président d'AC, Bisi Akande. L'élection samedi des gouverneurs et des Parlements locaux, dont la régularité est contestée de toutes parts, a vu le Parti démocratique du peuple (PDP, pouvoir) arriver en tête dans au moins 26 des 36 Etats de la fédération. Un haut dirigeant du PDP a toutefois affirmé mercredi que les élections se dérouleraient samedi comme prévu. "Le processus électoral n'est pas reporté. Nous n'allons pas stopper le processus démocratique à cause de l'ambition personnelle de un ou deux candidats", a déclaré à l'AFP le secrétaire national des relations extérieures du PDP, John Odey, ajoutant: "Les élections (du 14 avril) ont été libres, équitables et transparentes". Les menaces de boycottage ont inquiété les chancelleries occidentales. "Si l'opposition décide de ne pas participer au scrutin de samedi prochain, il est clair qu'il ne sera considéré comme crédible par personne", estime un diplomate occidental. Une partie de la presse nigériane met elle aussi en doute le processus électoral. "Ce que nous avons vu, c'est la falsification, l'annonce de résultats bidons, le harcèlement des électeurs et de l'intimidation", écrit This Day (indépendant). The Nation (indépendant) dénonce pour sa part "la guerre du PDP contre les Nigérians" et un scrutin "truqué de façon flagrante". Le quotidien reproche au président Olusegun Obasanjo, qui ne brigue pas un nouveau mandat, d'avoir dramatisé les élections pour maintenir l'emprise du PDP. "Ca passe ou ça casse", avait-il récemment déclaré.
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